★ MONSIEUR O.
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« Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. »
Cette mise en garde de Bertolt Brecht contre le fascisme est tellement d'actualité que nous devrions être sur nos gardes.
Dans la pièce La Résistible Ascension d'Arturo Ui, Bertolt Brecht démontre et démonte les mécanismes de la montée du fascisme, les dangers du totalitarisme, des extrêmes et des manipulateurs. Il met également en évidence la collusion des chevaliers d'industrie et de certains hommes politiques et religieux qui ont porté Hitler au pouvoir. L'homme était ambitieux, violent, fourbe, hypocrite, raciste, sans scrupule, antisémite et ceux qui lui ont permis d'accéder au pouvoir, en 1933, connaissaient ses penchants autoritaires. Il avait publié Mein Kampf, en juillet 1925. Ils savaient, ils sont donc responsables.
C'est pourquoi, il est important de rafraîchir les mémoires même si l'histoire ne se répète pas, il y a pourtant quelques similitudes qui devraient nous faire réfléchir.
L'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne ne s'est pas faite par l'opération du Saint-Esprit. Mais bien grâce à la collusion de certains politicards de l'époque, des industriels et financiers allemands.
L'arrivée d'Hitler au pouvoir n'a rien du hasard
Le 4 janvier 1933, à l'initiative du banquier Hjalmar Schacht, est organisée une rencontre entre Franz von Papen et Adolf Hitler, dans la villa d'un autre banquier, Kurt von Schröder. C'est ainsi qu'Hitler fut nommé chancelier le 30 janvier 1933 par le barbon, président du Reich, Von Hindenbourg, du 12 mars 1925 au 2 août 1934. L'ambitieux Von Papen soutiendra cette nomination à la condition qu'il soit nommé vice-chancelier et qu'il n'y ait que deux ministres nazis au gouvernement. Il sera nommé vice-chancelier, le 30 janvier 1933, et restera en poste jusqu'au 7 août 1934. Quant au banquier d'Hitler, il occupera le ministère de l'Économie de 1934 à 1937.
Le 20 février 1933, un mois avant les élections législatives, s'est tenue à Berlin une réunion secrète autour de Göring et Hitler où participait la fine fleur de l'industrie et de la finance allemande. Ils étaient 23, dont voici quelques noms : Krupp, Von Opel, Siemens, IG Farben, Bayer, Agfa, Allianz, Telefunken… Il y fut décidé que ces chevaliers de l'industrie et de la finance financeraient à bourse déliée la campagne électorale d'Hitler. Ce qui fit dire à Göring : « Si les nazis l'emportent, ces élections seront les dernières pour dix années et même pour cent ans. »
L'inquiétante montée du pouvoir personnel incarné par « Monsieur O. »
En France
Je ne résiste pas à faire la comparaison avec l'ascension de l'actuel président de la République française que, je nommerai ici « Monsieur O. », pour Omniscient, Omniprésent, et Omnipotent. Car la dérive autoritaire de Monsieur O. et sa tendance à interpréter les textes, à les modifier ou carrément à les ignorer sans consulter ni le Parlement, ni les ministres, pour, dit-il, réformer le système social français qui ne serait pas entré dans le XXIᵉ siècle. Ce qui l'agace profondément, c'est, dit-il, que les Français sont réfractaires aux réformes. Alors pour imposer son diktat, il n'hésite pas à employer la force lorsque le peuple conteste ses décisions. Sa proximité avec les forces dites de l'ordre et armées est inquiétante.
Cette dérive autoritaire ne date pas d'aujourd'hui et n'est pas née avec Monsieur O. Elle est montée en puissance depuis une cinquantaine d'années. Les différents gouvernements, de Giscard en passant par Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et aujourd'hui Macron le décomplexé, n'ont eu de cesse de mener une politique de classe en maltraitant le peuple, de faire voter des lois antisociales, pour servir des industriels.
Ils ont, par leurs agissements, leurs politiques répressives et le mépris affiché du peuple, contribué à la montée du Rassemblement national qui en 2022 frappe à la porte du pouvoir (89 députés). Et gageons que si l'opportunité se présente, ses dirigeants(es) ne frapperont pas à la porte, ils l'enfonceront et ce, au nom de la démocratie pour mettre fin à la crise du système capitaliste et servir les intérêts du peuple (sic) ! C'est-à-dire mettre fin à l'immigration, appliquer une politique de ségrégation, en finir avec le chômage, les bas salaires, « donner la parole au peuple »… Seulement, ce parti raciste, xénophobe est intimement lié, économiquement, financièrement et médiatiquement, avec ce capitalisme qu'il prétend combattre. Tous ces chevaliers d'industrie, ces milliardaires possèdent l'argent, les entreprises et sont à la tête de quasiment la totalité des moyens d'information et de communication. C'est par ces outils qu'ils mettent généreusement et quotidiennement à la disposition des représentants(es) des partis politiques les plus infâmes (Marine Le Pen, Éric Zemmour, Dupont-Aignan et leurs lieutenants…) qu'ils pratiquent le décervelage, l'intoxication des cerveaux.
Il est difficile d'échapper à la propagande mafieuse des milliardaires/chevaliers d'industrie d'autant qu'ils ont concentré entre leurs mains « pouvoir et propagande. Ce sont sept oligarques français qui détiennent 80 % des moyens de communication et en sont propriétaires (télévisions, radios et journaux).
Bernard Arnault, fait dans le luxe, il pèse 131 milliards d'euros et contrôle (Les Échos, Le Parisien et Aujourd'hui en France).
Pinault a fait fortune dans le négoce du bois, aujourd'hui, il fait feu de tout bois. Si bien que sa fortune est de 37 milliards d'euros, il a dans sa besace (Le Point et Point de vue).
La famille Dassault, qui fait dans l'aéronautique sa fortune, est tombée en « Rafale » grâce à l'argent public. Elle est estimée à 20 milliards d'euros. Elle est la propriétaire du Figaro.
Patrick Drahi est le fondateur du consortium luxembourgeois Altice, pour ne pas dire factice, les banques lui font un pont d'or pour mener ses activités spéculatives. Il représente 10 milliards d'euros, il est propriétaire de BFMTV, et de RMC, de l'Express et d'Altice Média. Il est également le premier actionnaire de British Telecom et de Meo (ex-Télécom au Portugal).
Vincent Bolloré a démarré dans la papeterie. Les petits papiers, il les a transformés en gros billets d'euros et de dollars. Il pèse ses 9,8 milliards d'euros (l'argent même en billet, c'est lourd !), et contrôle Canal +, Europe I, Le Journal du Dimanche, Paris-Match, Hachette, Prisma Média, Géo, Gala, Capital et Femme actuelle.
Xavier Niel est le créateur et principal actionnaire d'Iliad, ne pas confondre avec les îles paradisiaques de la Grèce (en mer Égée), Hydra, Ikaria… ou encore le Magic club de vacances Iliade à Midoun en Tunisie. Sa fortune se chiffre à 7,6 milliards de dollars, il est à la tête de Free, actionnaire de Nice-Matin, France-Antilles, et a des participations au journal La Provence et Médiapart. On le retrouve également en tant qu'actionnaire au journal Le Monde, qui comprend Télérama, La Vie et Courrier International.
Martin Bouygues, grâce à papa Francis fait le béton, pèse son poids, 4,5 milliards de dollars. Il est propriétaire de TFI qui comprend neuf chaînes, TMC, TFX, LCI… »
Justhom, 14 janvier 2023
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