★ LA TOMBE DE BAKOUNINE

Publié le par Socialisme libertaire

Bakounine anarchisme Liberté



★ Chanson italienne – La Tomba di Bakunin – Alessio Lega

★ Version française – La Tombe de Bakounine – Marco Valdo M.I. 


Michel Bakounine, militant anarchiste révolutionnaire, socialiste libertaire. 
Priamoukhibno (1814) – Berne (1876).  
 

« Je repose à l'ombre du silence que j'entends à présent 

Je repose à l'ombre du béton

Je repose à l'ombre du pouvoir absolu

Celui que j'ai toujours combattu

Je repose à l'ombre de votre servitude

Celle qui vous a toujours mis à genoux

Vous êtes les portes, mais vous n'avez pas les clés.

Je repose à l'ombre de l'état...


Pour la liberté seule

Je suis né et j'ai vécu

et j'ai lutté et j'ai perdu.

Pour la liberté seule

Je suis né au milieu de gens

dont je ne veux rien savoir.

Pour la liberté seule,

j'ai mis debout la révolte

dans chaque rue et à chaque tournant.

Pour la seule liberté.


Je repose à l'ombre de mes compagnons tués

du temps qui depuis nous a séparés

de votre regard qui sur le mien se pose

sur une photo poussiéreuse.

Je repose à l'ombre de votre oubli blême.

Je repose toujours sans paix :

toujours des patrons, toujours un dieu

qui opprime un peuple qui se tait.


Pour la liberté seule

j'ai toujours couru le monde

et sans l'ombre d'un remords.

Pour la liberté seule

J'ai refusé maison et or

et le pouvoir et le travail.

Pour la liberté seule

d'un monde qui ne la voulait pas

et puis – enchaîné – la pleurait.

Pour la seule liberté.

Je repose à l'ombre de ceux qui croient que j'ai été

un rêveur ou un exalté

et de ceux qui croient qu'aujourd'hui, tout va bien :

démocratie et nouvelles chaînes.

Je repose à l'ombre de ceux qui lisent mes livres

au lieu d'occuper les rues

et moi qui hurle, moi qui ai couru, qui ai lutté

Je repose dans les librairies.

Pour la liberté seule

J'ai écrit, j'ai aimé et j'ai lutté

mais pas pour être étudié.

Pour la liberté seule

quand je ne pouvais lancer des pierres

J'avançais de nouveaux pas.

Pour la liberté seule

contre toute forme de pouvoir

et pour ne pas devoir voir

ma chère liberté...

Ma chère liberté

un chiffon rouge, sanglant

d'un état plus intrigant.

Ma chère liberté

vendue comme une putain :

liberté américaine.

Devenue un mot

qui s'étrangle dans la gorge.

Pour la seule liberté.

Je repose à l'ombre, à l'ombre sombre et obscure

Je repose à l'ombre et dans la peur

Je repose à l'ombre qui se fait toujours plus noirs !

Un hiver sans printemps...

... Et pourtant il y en a encore qui luttent dans cette salle

et il y en a qui demande, et il y en a qui veulent !

Et alors un rayon lumineux d'espoir

me fait reposer au soleil...


Me fait reposer au soleil ! »

 

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