★ Nous sommes communistes et libertaires

Publié le par Socialisme libertaire

Communisme libertaire

L’opinion commune, confortée par le catéchisme républicain que l’institution scolaire inocule dès le plus jeune âge, a vidé le mot communisme de son sens (voir l’article Histoire du mot communisme). On assimile en effet le communisme à un système totalitaire fondé sur la toute puissance de l’État et conduisant à l’uniformisation des individus.

Communisme et liberté seraient antagoniques, à tel point que lors de la guerre froide, on opposait le monde libre aux régimes communistes. La liberté d’un côté, le totalitarisme de l’autre : une vieille recette de tarte à la crème pour discussion de comptoir. Pour nous, communistes libertaires, il est essentiel de combattre cette opinion commune afin d’évacuer toute ambiguïté.

Rappelons tout d’abord que les régimes dits communistes n’ont rien à voir avec le communisme : il s’agit en réalité d’un capitalisme d’État, où les travailleuses et les travailleurs sont exploités par l’État patron. De même, le prétendu monde libre n’a jamais connu le règne de la liberté : le libéralisme le plus radical a toujours fait bon ménage avec l’État policier. L’alternative boiteuse (capitalisme ou servitude) vise à renforcer l’ordre social existant en laissant croire qu’il n’existerait pas d’autre horizon possible que l’exploitation de l’humain par l’humain. Qu’entendons nous par communisme ? Il s’agit tout d’abord d’une forme d’organisation de la production et de la distribution fondée sur la propriété collective. La propriété privée des moyens de production a pour corollaire l’exploitation et la division de la société en classes : quand une partie de l’humanité possède les moyens de production, l’autre partie est forcée de vendre sa force de travail contre un salaire. Revendiquer l’égalité salariale ou un meilleur partage des richesses (nouvelles tartes à la crème réformistes) équivaudrait à appliquer une gaze stérile sur une prothèse articulée : salariat et exploitation sont indissociables (sur cette question, on lira avec profit Travail salarié et capital de Karl Marx). Nous prônons donc la propriété collective des moyens de production. Mais cette propriété ne doit pas être celle d’une institution séparée de la société : la propriété étatique créerait une nomenclatura faisant face au prolétariat et perpétuant son exploitation. C’est la collectivité dans son ensemble qui doit posséder et mettre en œuvre les moyens de production afin de satisfaire les besoins de l’humanité. C’est pourquoi le communisme ne peut être que libertaire : la collectivité doit assumer directement la production des biens nécessaires à la vie des individus. Ceci implique l’autogestion de la production dans de petites unités, où les décisions sont prises collectivement. L’autogestion implique à son tour la démocratie directe et le fédéralisme : les échanges et la coordination entre les collectivités doivent être assurés par des délégué-e-s révocables à tout moment. La structure économique du communisme (propriété collective) est donc indissociable de sa structure politique ( démocratie directe et fédéralisme). Quant à la répartition des biens, il ne s’agit pas de reproduire le système salarial, même sous une forme égalitaire. Pierre Kropotkine (1842-1921) avait forgé un concept dans lequel nous nous reconnaissons : la prise au tas. Dans une société où toute tentative d’accumulation serait vaine, chacun-e pourrait librement se servir en fonction de ses besoins sans nuire à la collectivité.

À celles et ceux qui répondraient que ce projet est utopique et irréalisable, nous rappellerons que le capitalisme et la propriété privée n’ont pas existé de toute éternité. Les communautés indiennes d’Amérique ont su mettre en œuvre des modes d’organisation proches du communisme libertaire avec des capacités techniques inférieures à celles dont nous disposons aujourd’hui.
 

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