★ Le Fédéralisme libertaire

Publié le par Socialisme libertaire

★ Le Fédéralisme libertaire

"Le fédéralisme libertaire veut cimenter la société par un lien social dont l'élément essentiel est l'adhésion à des projets et à des œuvres communes. C'est une nouvelle conception du contrat social, sur la base du volontariat et non de la coercition.

Politiquement, le fédéralisme libertaire condamne toute puissance militaire et toute institution policière ; il est l'ennemi du centralisme qui conduit à l'asservissement.

Fédérer, d'un point de vue anarchiste, c'est créer des fédérations à tous les niveaux, en généralisant le principe de la libre association. Il s'agit de coordonner des systèmes autogérés, des petites collectivités aux regroupements les plus vastes, et non pas d'agglomérer des institutions organisées sur un mode autoritaire.


LA COORDINATION SANS ÉTAT

C'est souvent le manque d'organisation structurée qui permet au premier quidam venu d'imposer son autorité et d'être proclamé, suivant les époques: roi, ayatollah ou président.

Le Fédéralisme libertaire reconnaît dans toute société une multitude d'êtres, individus et collectivités ayant chacun des aspirations particulières et un rôle propre.
C'est pourquoi doit être reconnue à chacune et à chacun l'autonomie la plus large possible ainsi que la possibilité de s'organiser, de se gérer et de s'administrer comme bon lui semble sans qu'un organe "supérieur" lui dicte ce qui est "bon" ou "juste".

L'autonomie a bien sûr ses limites, qui sont le respect de la cohésion de l'ensemble de la société et le non-exercice du pouvoir d'un groupe sur un autre.
Nous voyons donc que contrairement à l'organisation étatique, l'autonomie ou la liberté d'autrui n'est nullement une borne. Mais cette autonomie n'est pas suffisante: l'entraide est nécessaire. Elle exige de chacune et de chacun que le contrat librement consenti d'égal à égal remplace la loi édictée et imposée par une seule ou un seul. Elle exige également que chacune et chacun (collectivité ou individualité) participe aux décisions communes.

Ces différents facteurs combinés transformeraient notre vie de façon radicale en remplaçant le pouvoir de quelques unes ou quelques uns sur toutes et tous par une organisation qui, seule, est à même de composer la société sans la paralyser.


UNE DOUBLE DIMENSION

Si l'on observe la vie sociale, nous pouvons constater que, d'un côté, nous vivons toutes et tous dans des "lieux": une ville, une région ; de l'autre, nous exerçons des activités spécifiques: notre métier, nos études, notre art, et sur un plan plus ludique, nos loisirs.

Le fédéralisme doit intégrer cette double dimension: nous mettrions en place, sur un plan "géographique", des fédérations communales, régionales, puis inter-communales et inter-régionales, et, parallèlement à ces collectivités, existeraient des fédérations de travailleurs(ses), par branche professionnelle, par métier, par type de production et de service.

Pour être encore plus concret, il y aurait des fédérations du bâtiment, de la construction métallurgique, de l'industrie électrotechnique et de la l'agro-alimentaire, des transports, des services (nettoyage, surveillance technique pour la sécurité des installations, conseil et ingénierie)...

Nous devons également compter avec les multiples associations particulières qui complèteraient l'architecture de la société et qui seraient des actrices irremplaçables du mouvement social et de la convivialité (on ne peut en effet imaginer une société qui ne serait faite que "d'institutions" bien huilées !).


LA COOPÉRATION ENTRE LES FÉDÉRATIONS

Ce double fédéralisme ne doit cependant pas nous laisser penser qu'il y aurait une frontière entre les fédérations de communes et les fédérations de travailleurs(ses). Elles seraient au contraire, et par la force des choses, étroitement imbriquées.

En ce qui concerne l'organisation de la répartition des biens, elle serait prise en charge par des fédérations de consommateurs(trices) créées au sein des communes. Les fédérations de travailleurs(ses) livreraient les produits à des organismes communaux qui géreraient un réseau de dépôts, autogéré-e-s par les habitants(tes), par quartiers, villages, etc...

Car s'il faut bien que des travailleurs(ses) s'emploient à assurer le fonctionnement quotidien de ces structures, leur particularité serait d'être contrôlées directement par les individus qui s'y inscriraient. Ces 2 sortes de fédérations, de production et de consommation, seraient en relation constante, afin de garantir l'adéquation entre "l'offre" et "la demande".

Sur le plan politique, les communes et leurs fédérations sont appelées à être des lieux de débats par le biais de forums locaux, ouverts à toutes et à tous sans distinction (réflexions sur les problèmes rencontrés, expression des critiques et des propositions, élaboration de projets...).


FÉDÉRALISME LIBERTAIRE ET MANDATEMENTS

Le fédéralisme libertaire ne va pas sans l'autogestion qui est la prise en main, concrète et quotidienne, par les individus et les collectivités d'individus, de la vie sociale, économique, politique et culturelle.

Dans ce système, où il n'y a ni économie de marché ni planification autoritaire, c'est la population qui décide et valide les grandes orientations, lors d'assemblées des Fédérations, de réunions de Communes, de Régions, etc.

Comme il est impossible que tout le monde s'occupe de tout, des individus sont mandatés pour coordonner la mise en application des politiques ainsi définies et des équipes sont chargées d'étudier et de préparer des projets, d'entretenir les relations entre les fédérations et de faire circuler l'information.

Si les mandaté(e)s prennent des initiatives, ils/elles le font dans le strict cadre de leurs mandats, ils/elles n'ont pas de pouvoir décisionnel à proprement parler. Ils/elles ne disposent d'aucun moyen coercitif pour imposer ces décisions et peuvent être révoqué(e)s à tout moment s'ils/elles ne respectent pas leurs obligations.


POUR LE FÉDÉRALISME LIBERTAIRE

Que personne ne décide à notre place !
Organisons la solidarité et l'entraide entre les travailleurs(ses) contre le patronat et les bureaucrates.

Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société.

Demain, gérons nous-mêmes, directement, notre travail.

Supprimons les inégalités sociales et économiques.

Après l'échec à l'Ouest et à l'Est de toutes les doctrines autoritaires (démocratiques ou dictatoriales) luttons pour une société libertaire !

Débarrassons-nous du patronat et des politiciens(nnes) !"

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