Islam radical : «Le salafiste est paranoïaque»

Publié le par Michel

Islam radical : «Le salafiste est paranoïaque»

Asma Guénifi (*) a étudié le profil psychologique de ces radicaux musulmans. Elle nous livre un portrait terrifiant.

Son regard n'est pas neutre, mais il défriche un terrain jusque-là inexploré. Asma Guénifi, psychologue clinicienne à l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), s'est intéressée au profil psychologique des salafistes, ces radicaux musulmans influents dans certaines cités de l'Hexagone et qui nourrissent les rangs des jihadistes en Syrie.

Cette Franco-Algérienne de 38 ans, qui a perdu son frère en 1994, assassiné en Algérie par des islamistes, est également la présidente du mouvement Ni putes ni soumises (NPNS). Pour réaliser l'enquête qu'elle nous dévoile, elle s'est entretenue avec trois salafistes français repentis et a décrypté tout ce qui a été écrit sur les acteurs de cette mouvance intégriste.

Qu'est-ce que les salafistes ont en commun ?
ASMA GUÉNIFI : Ils partagent une vision sectaire. Les salafistes idéologiques se sentent purs, ils sont convaincus que c'est l'autre qui n'est pas bon, l'autre qui devient une menace, un impie, un apostat, un ennemi à abattre. Nous avons là tous les éléments constitutifs de la psychose paranoïaque. Le salafiste considère que les autres veulent lui faire du mal, alors il doit se protéger. Il va alors s'enfermer dans la religion, dans la prière. Il est paranoïaque, mais il n'est pas fou, pas schizophrène. Il ne perd pas la raison, il s'approche toujours de la réalité.

Comment l'enfance a-t-elle été vécue ?
Chaque profil est différent. Mais on remarque qu'il y a souvent eu ce qu'on peut appeler un dysfonctionnement familial. C'est un divorce, des non-dits, des carences affectives... Aucun parent n'avait vraiment sa place, avec une absence du père. Une absence réelle a la suite d'un décès puis un deuil qui n'a pas été fait. Ou une absence psychologique, avec une autorité qui ne joue pas son rôle, incapable d'interdire, de mettre de barrières.

Quelles sont les conséquences de cette perte de repères selon vos mots ?
Cette protection, le jeune va la trouver ailleurs, chez les plus durs. Il intègre une forme de groupe, celui des salafistes, qui lui donne l'illusion d'appartenir à une famille, de combler un vide, d'exister, de retrouver une place, de se sentir heureux. Il faut le savoir, les salafistes ne vivent que dans l'illusion. Évidemment, ils n'en ont pas conscience. Eux croient vraiment en ce qu'ils disent.

Mais ce bonheur, ils le ressentent peut-être vraiment ?
Il n'y a pas d'épanouissement chez eux, je n'ai pas vu des yeux qui brillent. Ils ne parlent pas de bonheur, mais de cheminement. Ils ne sont pas dans la réalité.

Quelle est leur vision des femmes ?
Pour eux, la femme est un objet. Aucun regard n'est jamais posé sur elle. Ce comportement engendre une frustration sexuelle contre laquelle le salafiste va se défendre par la projection : c'est la femme qui est mauvaise et qui veut le salir. Les plaisirs sont à ses yeux un péché qui éloigne de Dieu. Sa vie psychique se réduit à la pratique rigoureuse de la religion et à ses lectures. La structure psychologique qui prédomine est de l'ordre de la névrose obsessionnelle.


(*) Asma Guénifi, diplômée de psychologie clinicienne à l'université Paris-8 a rejoint le mouvement "Ni Putes Ni Soumises" à sa création, en 2003.
Elle fonde la plateforme d’accueil des femmes victimes de violence au sein de laquelle juriste, conseillère économique et sociale et psychologue accompagnent des femmes depuis maintenant 9 ans.
Dans un premier temps secrétaire générale du mouvement, elle est élue présidente au congrès de décembre 2011.
Asma Guénifi vit à Saint-Ouen (Seine-St-Denis) où elle a fondé AFEMCI, Associations des femmes euro-méditerranéennes contre les intégrismes.
Elle est également l’auteur de Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère, 2011, éditions Riveneuve.

Qu'est-ce que le Salafisme ?

Le salafisme est un mouvement ultraorthodoxe qui prône un retour à l'islam des origines par une interprétation à la lettre des versets coraniques. Cette approche fondamentaliste s'applique à calquer les façons de vivre des « salafs » : en langue arabe, les « prédécesseurs », les « ancêtres pieux », référence directe à Mahomet et à ses compagnons. Imitant, par exemple, leur habillement, les salafistes arborent une longue barbe, une calotte et une djellaba. En France, leur nombre est estimé à environ 15 000 (sur 5 millions de musulmans), dont près d'un tiers de convertis. Il existe plusieurs courants au sein du salafisme, notamment le piétiste qui limite son action à la prédication et le jihadiste ou révolutionnaire qui prône le combat armé, considérant le jihad (guerre sainte) comme une obligation religieuse.  


	SOURCE :  "Le Parisien" - 14 novembre 2014

Islam radical : «Le salafiste est paranoïaque»
Islam radical : «Le salafiste est paranoïaque»
Islam radical : «Le salafiste est paranoïaque»
Islam radical : «Le salafiste est paranoïaque»

Commenter cet article

kaici 16/11/2014 12:26

Merci michel
Merci pour tes propos qui prouvent qu il existe des personnes comme toi et qui ne sont credules et ne stigmatisent pas une religion a cause d actes d illumines barbares qui encore une fois ne representent que leur maudite personne.J aurais une reflexion sur l image que je desapprouve des deux filles portant une le coran l autre la bible..desole encore une fois mais je peux vous apporter des preuves que nous respectons les religions monotheistes et il est ecrit que jesus (aissa)reviendra sur terre et combattra l antechrist.notre heros national l emir abdelkader a defendu les chretiens contre la persecution de druzes musulmans en syrie et la mosquee de paris delivrait de faux papiers musulmans aux juifs pour les sauver de la shoah..je suis musulman j ai des enfants qui portent des prenoms de prophetes hebreux (moussa)moise...et une fille qui porte lr prenom de meriem (marie) je vil est licite pour un musulman d epouser chretienne ou juive car ils ont recu de l archange gabriel le saint livre...les commentaires grossiers des filles est inapproprie....metci a tous ..mes respects pour ce site sur lequel j apprends des themes interessants et j espere en apprendre davantage et approuve votre lutte pour une meilleure justice sociale..mes respects

Michel 16/11/2014 14:32

Merci Kaici :-)

Tu es, bien sûr, le bienvenu ici !

Ne prend pas trop à cœur cette image ;-)
Il faut la prendre au second degré... elle veut juste montrer la stupidité de 2 intégrismes qui s'excommunient mutuellement !

Bonne continuation à toi !

kaici 15/11/2014 13:20

En tant qu algerien nous avons combattu ces individus pendant 15ans mais je ne rejoins pas l analyse de cette dame victime des annees noires en pretendant que ce sont des salafistes cela equivaut a dire qu ils se rapprochent d un mouvement issu de notre religion.c est faux.l islam rejette toute forme de violence et notre prophete disait "ne soyez jamais agresseurs mais si vous l etes epargnez femmes hommes enfants et vieillatds et environnement ."la grandeur de l islam religion de paix et d amour transcende cette vision vehiculee par des medias acause d illumines ..mercenaires...car il ne suffit pas de porter une barbe et scander "allah albar pour etre musulman
Il faut etre humain comme nous le preconise allah et son prophete..ces barbares mercenaires ne tepresentent que leur maudite personne.les traiter d islamistes c leur donner credibilite et faire croire au monde entier qu ils sont musulmans...

Michel 16/11/2014 11:07

Bonjour Kaici et merci pour ton passage et ton commentaire sur Socialisme Libertaire.

Vaste sujet sensible... les religions !

Pour te répondre, comme il est dit dans l'article (d'un journal aux antipodes des idées libertaires !) : Asma n'est pas "neutre", elle même musulmane et victime de ces barbares. On peut parfaitement comprendre ses réactions, qui sont aussi justifiées. Tout comme Djemila Benhabib dans son livre "Ma Vie à Contre-Coran" (2009), les femmes musulmanes sont souvent, et pour cause, en pointe contre la barbarie faite au nom de l'Islam.

Je pense que nous avons tous la même position, mais avec des mots (et c'est bien normal) différents.

Toutes les religions ont leurs franges intégristes et elles ne peuvent faire l'économie de faire leur autocritique -sans se dédouaner- de leurs responsabilités dans le refus de se réformer et de rester trop souvent figées sur des positions obscurantistes et rétrogrades (dans les "Livres Saints" des religions il y a de très belles choses et aussi des horreurs immondes). Les fondamentalismes sont des postures réactionnaires et oppressives.

Tous ces fanatismes dogmatiques sont à bannir et à dénoncer sans cesse.

Comme je l'ai dit 100 fois, une religion ça peut donner un Martin Luther-King, un Ghandi et aussi l'Inquisition ou le Djihad.

Les religions sont les reflets de leurs adeptes... j'ai rencontré dans ma vie des personnes formidables : des pasteurs, des prêtres, des rabbins et des musulmans ouverts, tolérants et respectueux. Ils sont souvent les premiers à dénoncer le fanatisme aveugles de leurs propres religions.

Nous condamnons les cléricalismes de toutes les religions et les dérives sectaires : laïcité ! Les convictions religieuses doivent rester dans la sphère privée et uniquement là.

Les barbares fanatiques minoritaires qui se réclament de l'Islam ne sont pas mieux que les réactionnaires Évangéliques de la droite extrême aux États-Unis... ni les extrémistes hindous ou les religieux nationalistes juifs en Israël.

Notre lieu de naissance détermine, par pur hasard, une culture religieuse qui nous colle à la peau ! Notre position est contre tous les cléricalismes qui prétendent nous imposer leurs vues, ainsi que le confusionnisme religieux en politique (l'Islam politique très répandu ou les "démocraties-chrétiennes" qui voudraient nous imposer une théocratie obscurantiste). L'être humains doit être libre d'être athée, agnostique ou croyants sans que personne ne s'impose à l'autre.

En résumé, ces fanatiques sectaires et paranoïaques sont les premiers ennemis des religions qu'ils prétendent représenter : il faut les dénoncer et les combattre sans cesse !