★ Les finalités d’un socialisme anti-autoritaire

Publié le par Socialisme libertaire

★ Les finalités d’un socialisme anti-autoritaire

Le socialisme pour lequel nous combattons, le socialisme anti-autoritaire, veut une transformation radicale de la société concrétisant le socialisme spontané des travailleurs, réalisant les aspirations égalitaires et libertaires maintes fois exprimées dans les luttes de classe des exploités et dans les luttes émancipatrices des femmes et des opprimés.

Le socialisme anti-autoritaire, c’est la recherche d’une démocratie authentique : le peuple souverain auto-instituant la société, auto-gouvernant sa politique, autogérant sa production.

Démocratie enfin réalisée, parce que les rapports de production, le rapport salarial sont brisés, que les grands moyens de productions sont socialisés, collectivisés à la base et non étatisés, que l’autogestion se substitue au rapport dirigeants/dirigés, et qu’ainsi la division de la société en classes antagonistes est remplacée par une communauté humaine en réunification, socialement et politiquement égale et libre.

Démocratie authentique, parce que l’appareil d’État - c’est-à-dire l’appareil de domination des classes exploiteuses - est brisé, remplacé par une organisation fédéraliste de la société et par l’autogestion généralisée exercée sur toutes les grandes décisions, la souveraineté collective en acte, la Démocratie « de bas en haut » ou « de la périphérie vers le centre », le pouvoir aux Assemblées de base et à leurs conseils librement associés.

Le socialisme anti-autoritaire c’est le combat pour une société où l’individu soit à la fois libre et responsable. Libre dans un monde réel, où pèsent les nécessités matérielles, et dans une société où on participe aux tâches communes et à la responsabilité collective. Libre totalement de parole, d’expression, de création ; libre de son mode de vie, de sa sexualité, de sa culture. Et responsable, maître de son travail, participant au côté de tous et à égalité avec tous à l’autogestion de la production et de la société. Égal à tous, et donc accédant à égalité avec tous à la répartition des produits du travail. La finalité du socialisme anti-autoritaire c’est la construction d’une société où la collectivité solidaire permette à l’individu de s’épanouir dans ses spécificités. Une société où s’équilibrent et s’épaulent mutuellement l’individu, le local, le particulier et le collectif, le social, le culturel : une société égalitaire et libertaire.

Le socialisme anti-autoritaire donc comme exigence la désaliénation de tous et de toutes, la fin de toutes les oppressions, des racismes, des xénophobies, des intolérances, et du patriarcat. Ce qui passe nécessairement par une transformation radicale du mode de production, à la fois dans ses structures, ses formes d’organisations et de pouvoirs, et dans ses buts. C’est la fin d’une production déterminée par le profit. C’est le début d’une production tournée vers la satisfaction égalitaire des besoins exprimés socialement, ce qui ne signifie ni nivellement ni uniformisation dans une société fondée sur l’émancipation des individus et des communautés de base, c’est-à-dire sur la multiplicité autant que sur l’harmonisation des modes de vie. C’est une production qui rompt avec le productivisme, la course folle et destructrice du cadre de vie, et qui ouvre donc la voie à un rapport nouveau réintégrant la communauté des humains dans l’équilibre de l’écosystème. C’est une production où le travailleur, chaque travailleur, et collectivement le prolétariat et les autres couches dominées par le capitalisme, échappe au travail aliéné et aliénant, dominé, dirigé, pour accéder à un travail maîtrisé et ouvert à la créativité individuelle et collective.

Le socialisme anti-autoritaire c’est la fin d’un certain ordre du monde. La fin du colonialisme et de l’impérialisme, au profit d’un rapport égalitaire et solidaire entre tous les peuples, fondé sur l’autonomie, la production autocentrée pour chaque région, et la péréquation des richesses entre pays riches et pays pauvres. La fin de l’ordre étatique, au profit d’une fédération libre des régions autogérées. La fin des frontières et de la menace de guerre, pour un monde sans barrières et totalement démilitarisé.

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