★ 2020 : Pour un combat antimilitariste sans merci

Publié le par Socialisme libertaire

militarisme guerre capitalisme nationalisme Anarchisme Antimilitarisme Internationalisme

 

« Pas un homme, pas une arme pour l’État. C’est ainsi que l’anarchiste Rudolf Rocker s’exprimait au congrès des travailleurs de l’industrie de l’armement à Erfurt en mars 1919. Une revendication qui est encore nécessaire aujourd’hui, étant donné les scènes de guerre qui existent aujourd’hui dans le monde. D’une part, en France, le culte de l’armée et de tout type de force armée continue d’être promu. Les jeunes sont endoctrinés dans le nationalisme, la soumission à l’État et l’admiration de l’armée ou de tout type de force armée dans les lycées, par le SNU, etc. Le service national universel (SNU) est un programme mis en place par le Gouvernement français à partir de 2019 pour succéder indirectement au service national. Le ministère de la Défense, par le biais des médias et d’autres lieux de propagande, dépense des milliers d’euros en campagnes de marketing pour nous vendre un visage d’armée amicale, pour promouvoir la solidarité, la mixité sociale… et le recrutement dans l’armée professionnelle comme débouché, ou pour nous faire croire que « l’humanitaire » est pratiqué, comme s’il s’agissait d’une sorte d’ONG.

D’un autre côté, le commerce des armes entre les sociétés transnationales, les États et les groupes armés est la cause de guerres qui déplacent des millions de personnes dans le monde. Le principal objectif de l’investissement et de l’innovation technologique que les États financent n’est pas précisément de lutter contre le cancer ou le sida, mais dans tout ce qui concerne la guerre et la mort. Ces entreprises, à travers leurs marionnettes politiques, concluent des contrats de plusieurs milliards d’ euros avec rétro-commissions à la clef pour ceux qui se font de solides profits sur le dos de la mort de centaines de milliers de personnes dans le monde… pour vendre des armements de guerre notamment à des pays qui participent directement ou indirectement à des conflits armés. L’exemple de l’Arabie saoudite qui utilise des armes françaises contre les civils au Yémen est dans toutes les têtes. Sans compter ce que l’on ne sait pas et n’est pas dit dans la presse.

Les conséquences d’une guerre rentable sont facilement palpables. La guerre secoue diverses parties des cinq continents. En Afrique, continent littéralement dévasté, derrière les conflits ethniques et religieux se cache le néo-colonialisme des pays européens et des sociétés transnationales qui cherchent à obtenir à bas prix des matières premières clés pour le développement technologique. Et ils y parviennent en maintenant le flux d’armes du marché noir et l’ampleur des tensions, de la violence, de la mort, de la souffrance, dans une spirale de misère qui ne finit jamais. Soutenus par les gouverneurs fantoches corrompus du FMI et de la Banque mondiale…

Le Moyen-Orient est ébranlé principalement dans les pays arabes, comme le Yémen, la Palestine et la Syrie, sans oublier de nombreux autres pays qui sont actuellement des États défaillants « grâce » à l’intervention impérialiste des États-Unis, comme l’Irak ou l’Afghanistan. La Syrie est actuellement plongée dans une guerre civile depuis des années et est à l’honneur des intérêts géopolitiques américains et russes, notamment pour le pétrole. États-Unis, Russie, Turquie et Iran sont les principaux protagonistes de cette guerre interminable qui continue à tuer et à déplacer des centaines de milliers de Syriens. Une guerre civile qui prend de plus en plus d’ampleur à Idlib… Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont antérieurement bombardé arbitrairement Damas et Homs dans le dos d’organisations internationales sous prétexte de bombes chimiques. Des « performances » très proches de celles qui ont provoqué la guerre en Irak sous couvert d’armes nucléaires possédées par Bagdad. Encore une fois, il est clair que les réglementations nationales et internationales sont sans valeur si elles ne sont pas soumises aux intérêts économiques et politiques des États-Unis. Trump joue encore avec le feu en faisant supprimer un général iranien, Soleimani, le vendredi 3 janvier 2020 à Bagdad, ce qui appellera des mesures de rétorsion et peut-être un embrasement de la région. Les déclarations de guerre peuvent de nos jours être indirectes. La Turquie n’avait pas non plus besoin de l’approbation des organisations internationales pour pénétrer dans l’enclave kurde-syrienne d’Afrin, faisant des dizaines de morts et des milliers de déplacés. Les victimes de cette guerre sont, comme toujours, les humbles et les travailleurs, qui voient leurs maisons, leur famille et leur mode de vie détruits. Obligée de fuir, elle vit mal dans les camps de réfugiés, meurt noyée dans la mer Méditerranée et ceux qui arrivent en Europe sont rejetés par une Union européenne qui ne cherche que le bénéfice économique de cette guerre dont elle fait partie. La Turquie d’Erdoğan est prête à intervenir en Lybie. Il faut dire que ce pays avait investi 22 milliards d’euros à l’époque de Kadhafi et les entreprises turques entendent défendre leurs intérêts économiques. Trump hausse le ton à l’encontre d’Erdoğan qui se moque de l’Otan comme il l’a déjà prouvé avec l’envoi de troupes dans le Nord-Est de la Syrie… Sans compter les tensions en Méditerranée orientale, riche en hydrocarbures, ce qui attise les convoitises de la Grèce, de Chypre, l’Egypte et Israël. Les bruits de bottes s’accentuent pour le plus grand malheur des peuples.

Pas un homme, pas une arme pour l’État.

L’une des idées pour lesquelles Rocker lance cette proclamation n’est autre que de dénoncer comment  la production d’armements est réalisée à la sueur du front des ouvriers, et qu’il faut que les ouvriers de l’industrie d’armement  rejettent la production de matériel de guerre, et que les ateliers dans lesquels ce matériel est produit deviennent des ateliers pour le travail de paix.

Aujourd’hui, la production de l’industrie de l’armement continue de produire du matériel de guerre qui finira entre les mains des forces répressives des États ou des groupes paramilitaires, tuant des populations très diverses du globe. En outre, on a vu à maintes reprises comment l’armée et la police ont un rôle fondamental à jouer, par le recours à la force, pour garantir le fonctionnement des services, du pouvoir et mettre fin à tout type de mobilisation des travailleurs qui n’intéresse pas l’État.

Contre les guerres, pour la paix ! Pour les anarchistes, il y a encore des leviers que l’on peut utiliser pour contrer les menaces de guerre tels que : le boycott et le refus des forces de sécurité de l’Etat (police, armée, etc.) ; le boycott de l’industrie de l’armement, tant dans la production que dans la distribution ; la rupture avec le racisme institutionnel et la pensée raciste que nous inculquent les médias et les préjugés, car il ne sert qu’à diviser les travailleurs dans n’importe quel pays, à ouvrir des processus économiques tels que la gentrification dans les villes et à justifier également la répression contre les migrants comme la pauvreté et la guerre dans leur pays d’origine ; la rupture avec les partis de la gauche parlementaire et les syndicats officiels , qui font usage partisan et électoral du discours antiraciste ou du «non à la guerre». Ils sont indirectement complices et réduisent au silence les génocides impérialistes comme celui de Libye ou certains conflits actuels.

Face à la situation dans laquelle nous nous trouvons, non seulement en France, mais dans le monde entier pour les intérêts économiques capitalistes des élites politiques et économiques, l’union est toujours nécessaire, en créant des réseaux de solidarité et de soutien mutuel. C’est sur le plan de la morale anarchiste, de l’empathie, de l’intelligence sous forme de sensibilité cristallisée, que les libertaires se feront entendre et gagneront. Il nous reste aussi à construire la grève générale illimitée, l’un des outils les plus puissants dont disposent les travailleurs pour mettre fin à cette situation dramatique. Nous pouvons le faire en temps de paix car nous avons vu les difficultés de réalisation, ne serait-ce qu’en prenant l’exemple de la Première Guerre mondiale. Les slogans de guerre à la guerre n’ont pas tenu devant l’Union sacrée. L’incantatoire ne sert plus à grand-chose quand la guerre est déclarée. C’est en amont qu’il faut agir.

« Mais la mission de ceux qui, comme nous, souhaitent l’abolition de toutes les oppressions et l’exploitation de l’homme par l’homme, est de faire prendre conscience de l’antagonisme entre dominants et dominés, entre exploiteurs et exploités, ainsi que de favoriser la lutte de classe dans tous les pays et la solidarité entre tous les travailleurs au-delà de toute frontière, contre tous les préjugés et toutes les passions raciales et nationales. » Errico Malatesta

Les libertaires, bien souvent seuls dans leurs réflexions, ont encore du pain sur la planche pour lutter contre les nationalismes, le racisme et pour aller vers l’égalité économique et sociale. C’est pourtant la seule solution qui peut nous amener à un monde de paix. »

Goulago (GLJD)

 

★ 2020 : Pour un combat antimilitariste sans merci

Commenter cet article