★ Le capitalisme a besoin de l’État et du parlementarisme pour gérer la misère

Publié le par Socialisme libertaire

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Le capitalisme a besoin de l’État et du parlementarisme pour gérer la misère
 

« Il est vrai que le bipartisme qui prévalait en France, gauche-droite, droite-gauche, la fameuse alternance démocratique,  s’est transformé en un nouveau bipartisme LREM-Rassemblement National, valorisé par les médias et le pouvoir en place ; changement dû en raison à la fois aux circonstances sociales et aux divers scandales de corruption qui ont été découverts ces dernières années. Mais l’ordre social doit être préservé pour que le système économique et les intérêts des classes privilégiées ne soient pas compromis. Ainsi, le parlementarisme doit être modifié et réinventé pour que l’État continue de jouer son rôle fondamental et que les engrenages du capitalisme puissent continuer à tourner. Ainsi, le pouvoir et la raison d’État doivent être sauvegardés en utilisant toutes sortes d’arbitraire et d’excès contre le peuple. Il vaut toujours mieux avoir des sujets effrayés, mais sans aller trop loin. On gaze, on frappe les gilets jaunes, on évite juste les morts, ça ferait trop penser au Chili…

La légitimité du pouvoir politique dans l’État démocratique passe par le vote du peuple dans le cadre des lois d’un pays. Ce n’est plus la volonté divine qui érige les monarchies. Mais ce ne sont pas les gens qui exercent le contrôle du gouvernement. Proudhon affirme qu’il est impossible d’éliminer les anciennes traditions absolutistes monarchiques uniquement sur le terrain et de les conserver dans tous les autres éléments, car la cause de la libération sociale est donnée à un nouveau type de despotisme. L’exploitation économique, l’oppression politique et la servitude intellectuelle ne sont que des phénomènes différents produits par la même cause, le symbolisme de l’idée monarchique et absolutiste en tant que forme d’esclavage humain. Il a affirmé que le capitalisme est « la monarchie de l’économie », puisqu’il transforme le travail en un affluent du capital, de la même manière que la société rend hommage à l’État et à l’esprit de l’Église. Et tout comme le capital pour le travail, l’État et l’autorité en matière de liberté font de même.

Les organisations professionnelles font pression sur différentes parties aux niveaux national et international pour qu’elles légifèrent en leur faveur. La Troïka (FMI, Banque mondiale et Commission européenne) sont des organisations antidémocratiques auxquelles participent divers lobbies commerciaux et grandes multinationales qui ont élaboré un schéma néolibéral, marquant une série de lignes directrices, exhortant et garantissant que les États légifèrent en leur faveur.

Pendant ce temps, peu à peu, le néolibéralisme est mis en action en Europe à travers les différentes politiques mises en œuvre par les conservateurs de droite LR et les libéraux de LREM, ainsi que par les sociaux-libéraux du PS dans toutes les institutions publiques où ils exercent ou ont exercé le pouvoir. Ainsi, peu à peu, les différentes réformes du travail assouplissent le marché du travail, les hôpitaux sont pressurisés avant d’être privatisés, l’éducation est de plus en plus élitiste où les sciences humaines et sociales disparaissent alors que les grandes entreprises commencent à gérer des pans d’éducation. L’éducation devient une marchandise et un marché.

L’État nous dessine un cadre de «liberté» à travers différentes lois qui s’accordent sur le pouvoir des employeurs et le pouvoir politique. Par la violence légitimée par l’acceptation de la majorité aux urnes, elle nous persuade de ne pas en faire trop. Vous pouvez nous contraindre en utilisant à la fois la violence psychologique et la violence physique. Ainsi, les coups brutaux infligés par les policiers  sont une autre façon de nous dissuader lorsque nous contestons le pouvoir.

Ainsi, si à la fois des travailleurs d’une petite entreprise et d’un grand groupe marquent une série de manifestations qui vont à l’encontre de l’intérêt de l’entrepreneur ou de l’État, les manifestations de violence institutionnelle, d’une violence plus ou moins modérée visant à persuader, par des arrestations lors de manifestations, des amendes et des procès avec une peine courte avec une longue attente, à d’autres avec un objectif plus destructeur, comme l’isolement en prison. Et ils n’ont qu’à ordonner une détention préventive ou produire « de solides preuves de crime » pour être en prison pendant une longue période sans condamnation judiciaire. Idem pour les outrages qui pleuvent à l’appel sans réalité objective ou sans remettre dans le contexte certaines situations de rébellion : gazage intensif avec impossibilité de sortir de la nasse…

L’Etat implique la violence, l’oppression, l’exploitation et l’injustice érigées dans le système et transformées en fondement de la société. L’État n’a jamais eu et n’aura jamais de morale. Sa moralité et sa seule justice sont l’intérêt suprême de l’auto-préservation et de la puissance du profit, intérêt devant lequel toute l’humanité doit se mettre à genoux dans l’adoration. L’État est le déni complet de l’humanité, un double déni : l’opposé de la liberté et de la justice humaine, et une violente rupture de la solidarité universelle du genre humain.

Aussi démocratique que cela puisse être dans sa forme, aucun État – pas même la république politique la plus rouge, qui est une république populaire au même titre que le mensonge défini comme représentation populaire – ne peut fournir au peuple ce dont il a besoin, c’est-à-dire l’organisation de leurs propres intérêts du bas vers le haut, sans ingérence, tutelle ou violence des couches supérieures. Parce que chaque État, même le plus républicain et le plus démocratique – y compris l’État supposément populaire conçu par M. Marx – est essentiellement une machine à gouverner les masses d’en haut, à travers une minorité intelligente et donc privilégiée, qui connaît soi-disant les véritables intérêts du peuple mieux que le peuple lui-même.

Nous proposons l’abstention active.

Alors que les politiciens font beaucoup payer  les travailleurs en précarisant leurs contrats et leurs vies, en fraudant… Connaissant les circonstances qui ont conduit du désenchantement des différentes couches sociales et à la renaissance de l’extrême droite, nous pouvons, sachant par leurs dirigeants que le meilleur scénario de mobilisation est précisément celui du désenchantement et de l’agitation, pour canaliser la mécontentement existant et celui de ceux désenchantés par la gauche de gouvernement. Ainsi, à travers le modèle de social-démocratie de style nordique que le PS a perdu comme boussole, une propagande qui fait appel aux émotions et aux sentiments plutôt qu’à la raison, et la propulsion médiatique qu’il reçoit dans différents médias, à la fois avec des critiques absurdes et des flatteries, a réussi à gagner tout ce mécontentement.

Mais ces alternatives ne sont pas destinées à vaincre le capitalisme. Le capitalisme n’a pas une idéologie homogène, mais il existe plutôt plusieurs tendances et idéologies qui se combattent entre le néolibéralisme sauvage et l’économie de marché plus modérée avec un certain protectionnisme de l’État. Les politiciens  pointent vers un modèle de marché avec de moins en moins de réglementation par l’État, moins d’impôts, tandis que le rôle de la protection sociale incombe de plus en plus à des associations qui gèrent différents ressources accordées par l’État. Mais ce système a une conséquence que l’on peut voir aujourd’hui: il parvient à relever l’indice du nationalisme et du racisme, étant donné que les autochtones ne veulent pas partager leurs impôts et leurs ressources avec des gens de l’extérieur.

Les anarchistes proposent une abstention active aux élections pour tout ce qui a été expliqué ci-dessus. La défense de l’État et de ses institutions, et du capitalisme sous ses diverses formes (libéral, social-démocrate, nordique, d’Europe centrale, anglo-saxonne, etc.), ne mettra pas fin à la misère et aux inégalités auxquelles nous sommes soumis, tant en France que dans le reste de l’Europe et du monde. Les classes sociales resteront en place : une élite continuera à parasiter les travailleurs et aura un meilleur accès à l’éducation et à la santé. D’autres se verront impliqués dans l’aliénation du travail salarié, ou du chômage avec ses conséquences désastreuses : l’insécurité économique, la réduction des opportunités vitales, l’alcoolisme et la toxicomanie, la détérioration de notre santé, les expulsions, jusqu’au suicide (le taux de suicide  augmente considérablement avec les « crises économiques »)…

Mais si vous décidez toujours de voter, gardez à l’esprit ce qui s’est passé en 1981 avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir et la rigueur qui s’en est suivie. Toute une génération de personnes démobilisées, totalement désabusées par la dérive du parti dit socialiste et de ses représentants, Jospin et Strauss Khan en tête, en qui ils ont mis tant d’espoir. Par conséquent, si vous vous découragez avec la dérive que prennent les partis au pouvoir, ne jetez pas l’éponge. Continuez à vous organiser dans toutes ces organisations et groupes horizontaux, des assemblées et indépendamment du pouvoir politique et des subventions de l’État. Faisons ensemble face à l’exploitation du travail et aux guerres de capitaux. Organisez-vous dans les usines, dans les salles de classe, dans les bureaux… dans les réseaux de production et de consommation loin de l’orbite capitaliste et autogérés par les utilisateurs.

Continuons à bâtir et à pratiquer le soutien mutuel, la solidarité et la résistance contre la poussée du nationalisme, de l’État, du capitalisme et du néolibéralisme, ici et partout dans le monde. Les mobilisations actuelles des travailleurs français sont un bon modèle. La Bastille doit être reprise.

Santé et anarchie »

Ti oui. L.H. 

 

★ Le capitalisme a besoin de l’État et du parlementarisme pour gérer la misère

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