★ Écologie et anarchie : sortir de la confusion

Publié le par Socialisme libertaire

Une réponse à la Lettre aux anarchistes de Jean-Louis Phan-Van.

La question mésologique est l'un des enjeux majeurs du XXIe siècle. Cette formulation de mésologique (« ce qui est au milieu » ou « ce qui relève du milieu ») est plus pertinente que question environnementale car les êtres humains ne peuvent être abstraits de ce qui est supposé les « environner » : ils sont issus de la nature, d'un milieu, c'est-à-dire du monde naturel et social. C'est un enjeu majeur pour la bonne et simple raison que nous n'avons jamais été aussi nombreux sur terre, et que le besoin mécaniquement croissant de ressources (à moins de plaider pour un maintien de la faim dans le monde et autres misères collectives) se traduit par une occupation de l'espace à la fois plus extensive (en surface) et plus intensive (en concentration, en densité). Soulignons au passage que densité n'est pas synonyme de pauvreté, et inversement (Monaco, Hong Kong ou Singapour versus Dharavi, Morro de Favela ou les bidonvilles de Lagos). Capitalisme ou non, tout cela est une réalité anthropique, une situation difficile à gérer mais incontournable, sauf à prôner une forme de primitivisme au demeurant à la fois utopique et stupide. (1) De la science naturaliste à l'idéologie écologiste La quasi-totalité des médias dominants voire des dirigeants eux-mêmes parle désormais de « question écologique » (« la maison brûle » façon Hulot-Chirac). Or cette expression, apparemment sympathique et anodine, est loin d'être neutre. Elle est, en fait, doublement réductrice pour ne pas dire trompeuse — je pense même délibérément manipulatrice — pour deux raisons. Premièrement, comme nous venons de le voir, l'être humain ne peut pas être extrait de son milieu. La question des ressources n'est pas seulement une question naturelle (écologique, écosystémique) mais aussi humaine : c'est « la nature prenant conscience d'elle-même » comme le proclamait Élisée Reclus, c'est-à-dire encore la nature, mais plus uniquement la nature puisqu'il y a conscience et son dépassement, sauf à vouloir revenir à l'état animal. Toute re-naturalisation d'un phénomène qui est également économique et sociale vise en réalité à détourner la question politique qui la fonde : qui décide, comment et pourquoi ? Deuxièmement, l'écologie, discipline scientifique fondée en 1866 qui ne doit pas être confondue avec l'écologisme sous peine de graves dérives, a pour but d'étudier l'interrelation entre les espèces vivantes et « l'environnement » (2). À priori, cette science n'a pas vocation à être directement politique. Mais la posture de Haeckel — social-darwinienne, naturaliste et moniste (3) — a des implications idéologiques qui vont s'étendre dans le monde scientifique (début du XXe siècle), puis au monde politique (fin du XXe siècle). En bref, rappelons que le protestant fondamentaliste Eugen Warming réussit, au début du XXe siècle, à imposer le terme d'« écologie » à la place de « géographie des plantes ». S'impose dans la foulée la théorie du climax qui croit dans des états écologiquement stables alors que tout est évolution. Au cours des années 1930, l'école dite de Chicago applique à la sociologie de la ville les termes, les méthodes et les valeurs de l'écologie naturaliste : c'est « l'écologie urbaine ». Celle-ci, au passage, légitime « scientifiquement » le fait qu'il y ait, comme dans une ruche, une tête (l'élite travaillant dans le centre-ville) et des jambes (les prolétaires placés en périphérie) (4). À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, la naturalisation du social est largement en place dans les milieux intellectuels américains. En Europe occidentale, dans le sillage du personnalisme et du groupe de L'Ordre nouveau (1930-1938), des intellectuels habiles et politisés vont enfoncer ce clou. C'est le cas de l'ex-doriotiste, et fondateur du club néo-libéral du Mont-Pèlerin (1947), Bertrand de Jouvenel qui, en 1957, dans un article absolument séminal, pose les fondements théoriques et politiques de « l'écologie politique », comme il l'appelle (il est le premier à le faire) : on y trouve quasiment la philosophie et le programme des partis écologistes actuels, et donc la logique en cours du « capitalisme vert ». De l'idéologie à la politique écologiste Une partie du mouvement soixante-huitard reprend cette écologie politique, pour plusieurs raisons qui s'enchevêtrent. L'urbanisation galopante, l'exode rural, les nouveaux modes de vie, le consumérisme, la dégradation des milieux ou des paysages et autre déménagement du territoire suscitent des réactions légitimes. Le catholicisme social de la CFDT et du PSU en France— à l'avant-garde des nouvelles luttes comme le Larzac — et le puritanisme protestant en Allemagne ou en Amérique y voient une occasion en or de se refaire une santé — c'est-à-dire un pouvoir — au sein de sociétés en voie de déconfessionnalisation 5. Simultanément, alors que le stalinisme ayant inféodé le syndicalisme et le mouvement ouvrier vivait son apogée, l'anarchisme, qui est au plus bas, résiste mal aux démagogues qui ont, depuis pour certains, effectué de belles carrières politiciennes (en particulier au sein des partis écologistes). Il subit la confusion, tout en ratant le virage de la reconstruction là où il était le plus fort : en Espagne. L'un des éléments problématiques pour l'anarchisme est que les ex-marxistes et les chrétiens qui ont rejoint l'écologisme, voire le courant libertaire, ont gardé de leurs anciennes croyances l'idée-force selon laquelle le capitalisme allait mourir : soit sous la crise économique, soit sous la crise écologique. Mais non, désolé, le capitalisme a une capacité incroyable de rebond, comme il le démontre depuis plusieurs siècles : ni optimisme, ni pessimisme, cela ressort d'une analyse fondée sur l'histoire et la géographie. Il ne va pas mourir mécaniquement, sauf si les êtres humains veulent et décident autre chose. De la même façon que le syndicalisme d'origine socialiste a escorté l'évolution du capitalisme fordiste du XXe siècle, l'écologisme — d'abord radical et contestataire à ses débuts, comme le syndicalisme l'était à ses origines souvent révolutionnaires — restructure le capitalisme du XXIe siècle. Avec des tensions, des contradictions, des récupérations, mais il le fait, par l'école, les médias, les prêches, les nouvelles politiques « vertes » et autre « développement durable ». Par naïveté ou par manque de lucidité, les anarchistes devraient-ils à nouveau accompagner le processus ? Le prophétisme marxiste, chrétien et écologiste est accompagné de la vieille idée religieuse de la fin du monde (eschatologie) et du messianisme (on écoute le gourou ou l'expert qui nous l'annonce). Or, ou bien il tétanise les énergies sur fond de fatalisme, ou bien il les place sur des rails trompeurs. Contre cette véritable foi dogmatique — puisque celles et ceux qui la critiquent sont sans cesse renvoyés à une inéluctabilité, rendant ainsi inutile la discussion des arguments — la géographie sociale et l'anarchisme se fondent sur le principe de réalité, de l'ici et du maintenant. La double manipulation : diktat de la science et gouvernement des experts Qui prend un peu de recul voit donc la double manipulation qu'il y a à parler d'« écologie » (ou d' « écologie politique »), et non d' « écologisme » (mouvement qui affirme s'appuyer sur la science écologique). Double, car au nom de quoi une science serait-elle qualifiée pour nous dicter notre modèle de société ? Cela n'ouvrirait-il pas la voie à une quelconque « biologie politique », à une « génétique politique » ou à une « éthologie politique » ? C'est d'ailleurs ce qui se passe... En recourant au terme de « biopolitique », le philosophe Michel Foucault a même introduit de l'ambiguïté puisqu'on ne sait pas s'il l'utilise pour dénoncer le système ou pour appeler de ses vœux une « véritable » biopolitique (6)... En choisissant de parler de « géographie sociale » et non d'écologie, Reclus récuse de ce fait l'idée d'une géographie anarchiste (ou libertaire), tout en affirmant l'existence de géographes libertaires (des personnes qui restent critiques, même vis-à-vis de leur science). En parlant d'« écologie sociale », Murray Bookchin part d'une bonne intention (et peut-être d'une forme d'opportunisme, disons-le), mais il entretient la confusion en replaçant au centre politique le naturalisme dont se défaisait la géographie sociale, et cela pour le plus grand bonheur des naturalistes intégristes dont c'est la posture philosophique et politique. De fait, on conviendra que, lorsqu'on parle d'écologie, le quidam pense d'abord à « nature » et non à « société », et que tout effort pour socialiser l'écologie (?) reste vain à partir du moment où la question est mal posée. Double car cela donne le pouvoir scientifique et politique à une cohorte d'experts en écologie, parlant au nom de la nature, mettant la pression politique et donc sociale sur le même mode que « l'impératif catégorique » de Kant qu'ont pourtant contesté des générations d'anarchistes (Proudhon, Bakounine, Reclus, Kropotkine, Malatesta...). Le paradoxe, c'est que ceux-là même qui critiquent la science et la technique (pas leurs excès, mais leur réalité même) appuient leurs arguments sur des constats scientifiques pris comme articles de foi. Or la servitude volontaire passe par la foi (et l'inculture de l'histoire militante). Aujourd'hui, tout le monde est écolo comme tout le monde est démocrate, ce qui pousse les anarchistes à jongler avec le vocabulaire de l'adversaire : la « démocratie directe » ne se confond pourtant pas avec le « fédéralisme libertaire » ou la « gestion directe ». Passe encore que cela soit une étape commode pour se faire comprendre, mais gare à la légitimité qu'en retirent les politiciens démocrates ou écologistes. Vu l'actuel rapport de forces, c'est d'ailleurs ce qui se passe. Du communalisme au fédéralisme libertaire, fédération des luttes et des initiatives On l'aura compris, il ne s'agit pas de contester la dégradation des milieux, l'enjeu des ressources et l'importance d'une mésologie sociale. Bien au contraire. Dans toutes les luttes mésologiques actuelles, les anarchistes doivent prendre leur place, avancer leurs analyses et leurs pratiques. Le combat des Valsusains contre le TAV, où les pratiques autogestionnaires sont allées très loin (républiques libres, presidi, solidarités, méfiance envers les politiciens...), montre que tout cela va bien au-delà du percement d'un tunnel ou de la construction de quelques viaducs : la question est reposée de produire, consommer et habiter comment et pour qui. Il s'agit d'une réoccupation sociale et publique de l'espace au-delà d'une seule défense des écosystèmes. C'est ce retour au communalisme, qu'on entrevoit également à Notre-Dame des Landes ou à Sivens, qui est essentiel. C'est lui qui renoue avec le cœur de la problématique anarchiste à condition de ne pas oublier son organisation et son changement d'échelle : le fédéralisme libertaire. Car isolée, non seulement la lutte périclite mais son schéma conforte aussi, paradoxalement, l'injonction du libéralisme à être mobile, mouvant, fugitif, et celle de la religion à former des petites communautés de croyants économiquement séparées mais unies par un même dieu. Au-delà des luttes plus ou moins ponctuelles, c'est bien cette reconquête de la commune qui importe dans la perspective de fédérer toutes les initiatives économiques ou culturelles existant un peu partout, et qui pratiquent l'anarchisme comme Jourdain faisait de la prose. Pour cela, il ne faut pas camper sur ses certitudes, ni se réfugier dans des démarches sectaires (petit groupe de convaincus entre soi, imposition de pratiques alimentaires ou de son mode de vie) (7), mais se colleter à la vie du quartier ou de la commune, tout en clarifiant les idées et les pratiques. Car cette clarification est fondamentale : tout en recherchant l'unité dans la lutte ou dans l'action locale (même réformatrice au départ), elle relance la perspective révolutionnaire globale, qui a disparu dans les poubelles écologistes (8), et elle permet de se réapproprier l'enjeu métapolitique dont l'ultra droite et l'extrême droite ont fait leur champ de bataille. D'une pierre deux coups. C'est là que le « municipalisme libertaire » de Bookchin, sans se satisfaire de ses approximations sur l'anarcho-syndicalisme, ou le « municipalisme de base » des anarchistes italiens peuvent offrir des perspectives intéressantes.

1. Ce qui ne signifie évidemment pas qu'il n'y ait rien à apprendre des sociétés dites « premières », de la même façon qu'elles peuvent apprendre des « sociétés dites civilisées ». Élisée et Élie Reclus évoquaient déjà cette co-relation il y plus d'un siècle. 2. Soit dans le vocabulaire d'Haeckel : Umgebund (« environnement ») ou umgebende Aussenwelt (« monde extérieur environnant ») et non pas Umwelt (« milieu »). Ce choix sémantique n'est pas neutre. C'est l'une des raisons pour laquelle, avec le social-darwinisme prôné par Haeckel et qu'il récusait, Élisée Reclus n'a jamais adopté « l'écologie », qu'il connaissait, mais la « mésologie » et la « géographie sociale ». 3. Le monisme postule la fusion de l'inerte et du vivant, ce qui revient à désubjectiviser l'humain, donc à dénier la liberté et la volonté humaines. Les anthroposophes l'ont bien compris qui s'en sont emparés, non sans incidences politiques vu les accointances de leurs leaders avec le nazisme, lequel prônait « la supériorité des lois de la vie » (et donc des « plus forts »). 4. C'est bien entendu un résumé de « l'écologie urbaine ». Pour un exposé plus précis de la question, cf. L'Imposture écologiste (1993). 5. Leur attaque systématique du « matérialisme », du « prométhéisme » et du « progrès » est redoutable. Sous couvert de dénoncer les abus du consumérisme, elle vise en réalité à remettre en cause la philosophie matérialiste (donc l'anarchisme) et à discréditer l'idée que la société (le socialisme) pourrait améliorer les choses. Rappelons que Prométhée s'est rebellé contre les dieux pour voler le feu, si utile. La métapolitique religieuse est en place. 6. Le respect des intellectuels envers Foucault est tel que, tout en oubliant le soutien que ce philosophe avait apporté au régime des ayatollahs iraniens, ils ont du mal à critiquer sérieusement ce fascinant concept de « biopolitique ». Or de nos jours, tout est « bio », même les mouvements comme Pro-Life, Pro-Vie, etc... 7. C'est le mot « imposer » qui a toute son importance ici. Car « imposer » ou « ne pas imposer » est au fondement de l'anarchisme. 8. Plus exactement, une fraction importante de l'écologisme parle de « révolution intérieure » et nous intime de commencer par là, comme, par exemple, le film En quête de sens. Les anarchistes chevronnés y reconnaîtront sans peine le vieux discours des métaphysiciens et des religieux, qui regagne du terrain puisque les marxistes et les nationalistes ont galvaudé et sali l'idée même de révolution, et que les anarchistes eux-mêmes se sont montrés inconséquents (cf. les mémoires de Juan Garcia Oliver). La pente est difficile à remonter.

Philippe Pelletier

 

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Floran Palin 25/06/2015 19:48

La critique que fait Pelletier du concept d'écologie en tant que discours technique de la domination est juste, tout autant que le concept de mésologie est intéressant.

Mais il y a un problème épistémologique dans son approche. Elle se range d'emblée du côté des hypothèses optimistes (lorsqu'elle défend par exemple l'approche Prométhéenne), et rejette les hypothèses pessimistes (lorsqu'elle les dénonce comme messianisme de l'apocalypse), et en rejetant la science comme base d'évaluation, elle mène à une forme de nihilisme des données à analyser et vers une approche morale ou éthique sans grand poids et aux conséquences potentiellement stériles ou fâcheuses. Qu'est-il préférable : penser quel pourrait encore être le mieux au pire des cas (avec la possibilité de dépassement), ou se focaliser sur la meilleur situation possible au risque que tout soit foutu en l'air et que les espoirs soient complètements brisés ?

Si on en suit les autres réflexions de Pelletier, notamment concernant sa critique de la décroissance, le risque est grand qu'il s'entête à prôner quelque chose d'inconsciemment suicidaire : consommer trop en se basant sur les postulats optimistes pour en arriver potentiellement à une chute brutale, plutôt que de se préparer à quelque chose de plus restrictif avec la possibilité, à un moment, de faire mieux. Si la science dispose dispose déjà d'une solution réelle miracle pour éviter la décroissance, on aimerait bien la connaitre ! En attendant et à défaut, au niveau social ou politique, il faut faire "comme si" le constat décroissant était absolument valide.
De même au sujet de l'économie : Ce passage est particulièrement problématique : "L'un des éléments problématiques pour l'anarchisme est que les ex-marxistes et les chrétiens qui ont rejoint l'écologisme, voire le courant libertaire, ont gardé de leurs anciennes croyances l'idée-force selon laquelle le capitalisme allait mourir : soit sous la crise économique, soit sous la crise écologique. Mais non, désolé, le capitalisme a une capacité incroyable de rebond, comme il le démontre depuis plusieurs siècles : ni optimisme, ni pessimisme, cela ressort d'une analyse fondée sur l'histoire et la géographie. Il ne va pas mourir mécaniquement, sauf si les êtres humains veulent et décident autre chose."

"Cela ressort de l'analyse fondée sur l'histoire et la géographie" : de quelle analyse ? Il s'agit là d'une description, d'un constat et non d'une analyse. Avant la révolution Française, on aurait pu dire que le monarchisme allait durer éternellement en France, parce que l'on voyait la monarchie triompher durant des décennies. On aurait aussi pu dire à priori que la société de l'ile de Pâque allait durer éternellement car les gens trouveraient forcément des solutions. Ce qui aurait pu être dit à l'époque et qui était faux.
L'attitude la plus raisonnable est la suivante : "Tant que les capitalistes ne trouvent pas de recettes qui permettent d'embaucher plus de main d'oeuvre et de la rémunérer davantage pour spolier davantage de plus value, avec un système qui va à l'encontre, c'est à dire une technique qui supprime de plus en plus le travail humain nécessaire, il est voué à subir une récession, des crises profondes, à mourir, à un moment donné". Si une alternative convaincante de relance du capitalisme existe, on aimerait bien la connaitre ! Et ce ne sont pas les analyses et propositions tronquées des économistes atterrés qui vont convaincre. En attendant, il faut faire "comme si" le capitalisme allait s'effondrer, quitte à réviser l'analyse et à ré-axer le combat si une solution miracle de sauvetage et de relance est trouvée.
Une autre chose à comprendre est que la fin du capitalisme n'impliquerait cependant pas la fin de la domination des possédants. Ceux-ci ne chercheraient plus à produire plus de valeur pour s'accaparer des parts toujours plus importantes de valeur produite, mais domineraient sous d'autres modalités que celles spécifiques au capitalisme. Et c'est seulement là qu'intervient le choix moral. De même que l'expropriation des possédants, la propriété sociale et l'autogestion n'abolissent pas mécaniquement les problèmes liés à la concurrence et ceux que posent la technique en terme d'exclusion de la main d’œuvre et de la tendance à la diminution de la valeur économique produite.
Globalement, avec une posture qui nie l'analyse objective de la structure du capitalisme et de sa dynamique, on se cantonne à une critique morale du capitalisme. Dans ce cas, les thèses réformistes keynésiennes du front de gauche, d'ATTAC et des économistes atterrés peuvent être considérées comme valides, même si elles sont illusoires.

Toute cette question revient aux analyses de John Nash concernant la théorie des jeux : faut il miser gros pour gagner gros, quitte à tout perdre, ou bien miser à minima, pour gagner à minima, quitte à perdre également, mais peut-être moins ?
Du point de vue des questions matérielles, il est plus raisonnable de prendre la seconde logique de pari que la première (de préférer décroitre à espérer croitre encore). Du point de vue économique, abattre la propriété, la concurrence et la valeur, sont aussi des vues minimales. Du point de vue social, idem, la structure du régime politique amenant la corruption et la subordination aux groupes sociaux dominants, il est illusoire de vouloir le réformer. La vue minimale est la démocratie directe autogestionnaire.

Concernant le municipalisme libertaire, traité par Pelletier avec sympathie, une critique à déjà été faite : le municipalisme libertaire ne pense pas la question de la prodution, et s'empêtre dans une analyse postmoderne de la question du travail. avec de tels manquements et erreurs, il ne peut mener qu'a une impasse sociale.

Michel 25/06/2015 21:38

... merci Floran pour ton commentaire et ton point de vue.