L’ex-sinistre des Étranges affaires refait surface !

Publié le par Michel

2006 : Roland Dumas apparaît aux côtés de Dieudonné, Alain Soral, Bruno Gollnisch et Jany Le Pen.
2006 : Roland Dumas apparaît aux côtés de Dieudonné, Alain Soral, Bruno Gollnisch et Jany Le Pen.

Étranges affaires ? Souvenez-vous d’Elf-Aquitaine, des fringantes frégates de Taïwan ou de ce tout petit riquiqui best-seller de l’époque : La Putain de la République (pas de putain sans souteneur, comme dirait DSK) ; sans oublier une sordide histoire de godillots, de gauche, naturellement, à 13 000 francs de l’époque la paire. Et, naturellement, nous n’évoquerons pas Khadafi, Mbongo et autres, pas plus que la douteuse succession de Giacometti, encore moins la très obscure affaire de l’Observatoire. N’empêche que nous sommes encore quelques-uns à avoir la mémoire longue et le sens de l’histoire.

Monsieur Dumas, puisqu’il faut bien le nommer, refait parler de lui, et de belle manière ! Soyons clairs, il ne nous appartient certainement pas, à nous libertaires, de prendre la défense de quelque ministre que ce soit, a fortiori si c’est le « premier » ; l’on sait bien que Manuel Valls est le symbole vivant d’une « gauche » qui se renie et cède au chant des sirènes néolibérales ; nous l’avons assez dénoncé en ces colonnes. Mais il y a la manière ! Critiquer la politique d’un homme et d’un parti, c’est une chose. Dire abjectement que cet homme est sous « influence juive », c’en est une autre. C’est le pas que Monsieur Dumas, qui ne se sent pas dans ses petits souliers, n’a pas hésité à franchir. Monsieur Dumas a-t-il voulu suggérer l’influence d’Israël ? Non pas. Celle des banquiers réputés tous juifs, comme chacun croit le savoir ? Pas plus ! Notre Premier ministre est sous l’influence… de sa femme ; (« belle » façon sournoise de la dénoncer comme si c’était un délit ! Beau sujet de réflexion pour le mensuel Causette). Le nom, l’origine, la profession de la femme de Monsieur Valls, je ne dirais pas que nous nous en soucions comme de l’an 40, je dirais que cela ne nous concerne pas. Et j’imagine avec déplaisir ce que va devenir sur Internet cette « information » de Monsieur Dumas (pourquoi, diable, est-ce que je persiste à mettre des majuscules ?).

Mais bon, peut-être que finalement Monsieur Dumas suggère-t-il implicitement qu’il y a derrière cette influence celle d’Israël et des banquiers réunis ! Serait-ce pousser loin le bouchon que d’y voir quelques remugles antisémites ?

Belle leçon de déontologie, aussi Jean-Jacques Bourdin, de BFM TV, se justifie ainsi :
« Si je n’emploie pas ces mots, lui ne va pas les employer, ne pas accepter d’avouer. Moi, je pose une question, je ne dis pas “Je pense que Manuel Valls est sous influence juive”, simplement j’emploie les mots pour que lui accepte de les dire. » L’un cherche le scoop, l’autre le buzz, comme on dit maintenant… Et n’est-ce pas le sociologue Pierre Bourdieu qui parlait de « connivence » ? Et, pendant ce temps, Jeanne-Marine Le Pen en profite pour y aller de sa rengaine. Le FN est tout sauf raciste et antisémite, n’est-ce pas ? Et, pendant ce temps, des petits merdeux incultes vont profaner un cimetière juif ; on s’occupe comme on peut… (Beuhhh, on savait même pas que c’était un cimetière juif, pour nous, le juif, c’est de l’hébreu… de toute façon, on sait à peine lire. Passons…) On parle beaucoup de « porosité », en ce moment. Porosité droite-extrême droite, mais voilà que ladite porosité affecte également la « gauche ». Cela devient plus spongieux que poreux. À chacun de rechercher les affinités de Monsieur Dumas avec Le Pen et ses alliés, elles sont avérées, pour ne pas dire revendiquées. Elles sont faciles à trouver, Monsieur Dumas ayant laissé trace de ses accointances avec Monsieur Le Pen (je dis « Monsieur » parce que, quoiqu’anarchiste, j’ai été bien élevé). Il est facile de trouver une splendide photo représentant du beau monde : Monsieur M’bala (je ne suis pas assez intime avec ce monsieur pour l’appeler par son prénom), Madame Le Pen, Monsieur Goldschmit, Monsieur Soral et Monsieur Dumas. Bientôt, on va nous ressortir Drumont (si ce n’est déjà fait) et puis, pourquoi pas, le pseudo-Protocole des sages de Sion. Mais n’en disons pas trop, cela pourrait leur donner des idées. Monsieur Dumas, c’est, comment dire ? Le politiquement correctionnel… Condamné, relaxé, condamné… Président du Conseil constitutionnel, qui n’a pas hésité à valider les comptes de campagne d’un certain Balladur, alors qu’il les savait odieusement truqués.

Il y a certes des citoyens qui sont au-dessus de tout soupçon, mais on ne parle jamais assez de ceux qui sont au-dessous. Et qui a dit que Monsieur Dumas était un Talleyrand au petit pied, chaussé Berluti ? Certainement pas moi, en tout cas, je ne me permettrais assurément pas, j’ai trop de respect pour la fonction publique, mais pas nécessairement pour ceux qui, en l’état actuel des choses, prétendent l’incarner.

J.-D. Gautel

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