Le froid aussi tue en Syrie

Publié le par Michel

A Alep, le 11 janvier 2015. (Photo Hamid Khatib. Reuters)
A Alep, le 11 janvier 2015. (Photo Hamid Khatib. Reuters)


En raison des conditions climatiques extrêmes, au moins onze personnes seraient mortes en cinq jours.

L’hiver fait rage au Moyen-Orient. En Syrie, en proie à la guerre depuis mars 2011, de larges zones sont touchées par de véritables tempêtes, et des températures négatives dans plusieurs régions. Dimanche, au moins sept personnes sont mortes à cause du froid (notamment à Alep, dans le quartier de Firdous), a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme ce lundi (OSDH). Selon l'AFP, au moins onze personnes (1) dont sept enfants seraient donc mortes de froid en cinq jours.

Dans un tweet, le Haut commissariat aux réfugiés (UNHCR) met en garde contre d'éventuelles inondations, qui viendraient aggraver la situation humanitaire : «Pendant que la tempête de neige perd en intensité, les dégâts causés par la neige et le froid augmentent toujours. "Nous nous inquiétons des inondations, conséquences de la tempête, et surtout lorsque la neige commencera à fondre", explique Adrian Edward.»

Au moins deux morts au Liban

Au Liban aussi, les conditions de vie des réfugiés syriens sont très difficiles. La tempête de neige Zeina, qui a frappé le pays cette semaine pendant au moins quatre jours, rend la situation très compliquée dans les camps de réfugiés. Selon l’AFP, au moins deux personnes sont mortes mercredi. Des milliers de civils vivent sous des tentes. L'UNHCR s’alarme de cette situation. Selon l’organisation, un tel phénomène climatique ne s’était pas produit dans la région depuis des années.

Dans deux vidéos, postées vendredi sur Youtube, l’UNHCR rend compte de la situation. «L’hiver est arrivé tard au Liban, explique la voix off, en anglais, sur la première vidéo. Mais il est arrivé de toutes ses forces». Une mère de famille qui a quitté la Syrie depuis deux ans explique : «Les gens ont peur. J’ai peur pour moi et mes enfants. Je suis inquiète que la tente s’effondre. Où irions-nous? La tente est le seul abri que nous avons.» A la fin de l’année 2014, l’UNHCR a accéléré les distributions de vivres, anticipant la baisse des températures.


Dans une deuxième vidéo postée par l’UNHCR, un médecin local, le docteur Ali Haraki, décrit «l’état d’urgence» dans lequel se sont retrouvés les réfugiés : «A cause de la situation, beaucoup ont des systèmes immunitaires faibles, conséquence de régimes alimentaires pauvres et du froid. Des enfants tombent malades».

Selon l’UNHCR, environ 3 millions de personnes ont quitté la Syrie depuis le début de la guerre. Dimanche, un enfant aurait perdu la vie dans un bombardement à Reef Dimashq. Un autre aurait été abattu par un sniper du régime à Ghouta. Samedi, dans la province d’Alep, un attentat à la voiture piégée a fait au moins 20 morts, selon l’AFP.

Le 7 janvier, les combats avaient été stoppés par la tempête de neige. C’était la première fois que, en trois ans de conflit, la mort d’aucun civil sous les bombes n’avait été rapportée.

(1) Et non treize comme indiqué précédemment.

Gabriel PORNET

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