★ CUBA : Position de l’Atelier Libertaire Afredo LÓPEZ de la Havane

Publié le par Michel

★ CUBA : Position de l’Atelier Libertaire Afredo LÓPEZ de la Havane

Sur la libération des prisonniers et le rétablissement des relations diplomatiques entre les gouvernements de Cuba et des États-Unis.

1. La « normalisation » des relations entre les pouvoirs gouvernementaux des États-Unis et de Cuba devrait contribuer à éliminer les nombreuses et archaïques obstructions (de la part de ces mêmes gouvernements) contre des liens humains fondamentaux entre les deux nations.

2. Nous nous réjouissons avec ceux qui viennent de sortir de prison, et avec leurs familles qui viennent d’accueillir leurs proches dans leurs maisons. Ils sont enfin en liberté, après de longues années d’enfermement « légal ».

3. Toutefois, nous ne connaissons pas les termes de cette négociation. Il s’agit d’un coup médiatique qui contribue à la croyance qu’il s’agit d’un évènement miraculeux qui nous laisse comme des spectateurs passifs.

4. Nous craignons également que se génèrent de nouvelles opportunités pour le capital d’exploiter « plus » et « mieux » notre peuple.

5. Que le conformisme s’intensifie, ainsi que l’insignifiance et la misère, et qu’à travers la société de consommation aient lieu de nouvelles atteintes à l’environnement et une invasion de la culture de masse ; parce que...

6. L’impérialisme américain reste en vie.

7. L’autoritarisme cubain reste en vie.

8. La base navale de Guantanamo n’a pas été démantelée et continue d’accueillir une prison internationale dotée d’un centre de tortures.

9. Il ne suffit pas de libérer un groupe de prisonniers, et il ne suffirait pas de fermer une prison particulièrement odieuse : toutes les prisons du monde doivent fermer.

10. Il ne suffit pas aussi que deux états mettent fin à leur « guerre froide » et se rapprochent sur un ensemble de positions : la véritable réconciliation entre les peuples viendra quand il n’y aura plus d’État.

11. Il suffit encore moins de débloquer les marchés pour que les propriétaires des moyens d’exploitation du travail et de la nature commercent entre eux : une telle exploitation devrait maintenant disparaître.

12. Par conséquent, nous espérons que maintenant que le démantèlement du blocus-embargo est d’actualité, que ce ne seront pas deux instances gouvernementales qui le géreront, mais que tous les cubains et tous les américains prendront part au changement.

Nous allons poursuivre notre lutte contre toutes les formes de domination : la lutte écologiste, anti-impérialiste, anti-capitaliste et anti-autoritaire, en solidarité avec nos compagnons dans le monde.

La liberté sans socialisme est le privilège et l’injustice ; le socialisme sans la liberté est la brutalité et la tyrannie.

La Havane, 19 décembre 2014

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