COSTA-RICA : soixante-sixième anniversaire de l'abolition de l'armée

Publié le par Socialisme libertaire

COSTA-RICA : soixante-sixième anniversaire de l'abolition de l'armée

"C'est aujourd'hui l'anniversaire de l'abolition de l'armée au Costa Rica, en 1948. Au lendemain d'une guerre civile, José Figueres Ferrer (qui donna également le droit de vote aux femmes et aux noirs) décréta l’abolition de l’armée le 1er décembre 1948, puis cela fut inscrit dans la Constitution de 1949 : une première historique pour un état indépendant. L’abolition de l’armée fut souhaitée pour éviter toute tentative de renversement du pouvoir, mais surtout dans un but politique qui consistait à penser que le budget alloué aux militaires aurait une bien meilleure utilité pour le pays, si celui-ci est utilisé pour payer des professeurs, ouvrir des hôpitaux, des universités… Un exemple à méditer !"

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Soixante-sixième Anniversaire de l' Abolition de l'Armée.

01/12/2014 10:10 AM

Manuel A. González Sanz

Ministre de Relations Extérieures de Costa Rica.

1er décembre 2014.

"Le Costa Rica a aboli l'armée il y a 66 ans. Les enfants et les jeunes sont les principaux acteurs du défilé qui commémore cette célébration, vêtus de leurs uniformes scolaires et portant le drapeau national. Personne n’y a jamais assisté à une parade militaire, avec des milliers de soldats exhibant leur armement et équipements belliqueux.

La force de la raison a régné dans l'histoire costaricienne, sous les principes de liberté et de démocratie. L'abolition de l'armée est l'une de ces étapes exceptionnelles, qui a transformé le Costa Rica en une société plus juste, plus cultivée, qui a réussi à répondre aux nécessités les plus pressantes de sa population, et a été centrée sur le développement humain et non sur le renforcement d’une capacité militaire.

Les Costariciens ont récolté les bénéfices d'une décision qui a marqué son développement en tant que nation. Le budget qui d'une autre manière aurait été alloué au maintien militaire et à l'achat d'armes, est orienté à des secteurs qui procurent une plus grande prospérité à ses habitants.

Lors de sa récente visite au Costa Rica, à la fin du mois de juillet, le Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a relevé que « pendant des décennies, le Costa Rica a été un exemple mondial, de rejeter des frais militaires inutiles. À sa place, le pays a courageusement investi dans le domaine de la santé et de l’éducation universelle. Le résultat a donné lieu à moins d'inégalités et à une plus grande paix sociale ».

Cette décision fondamentale, prise le 1 décembre 1948, et concrétisée dans la Constitution de 1949, actuellement en vigueur, a forgé des générations de Costariciens qui ne connaissent pas de chars ni d’avions de guerre sur notre territoire et les Costariciens n'auront jamais dans leurs espoirs, l’idée de charger un fusil pour mourir dans les champs de bataille.

En renonçant unilatéralement à l'utilisation de la force, comme moyen pour dissoudre des conflits, le Costa Rica a toujours privilégié le droit international pour sauvegarder ses intérêts nationaux, et préserver sa souveraineté et son état de droit.

Ainsi l'a réaffirmé le Président de Costa Rica, Luis Guillermo Solís, dans son discours à de la dernière Assemblée générale de l'ONU, quand il a déclaré que « le Costa Rica croit fermement et pratique toutes les dimensions du droit international. Celle-ci est la seule voie que nous connaissons. Notre seule arme, a été et sera toujours le droit international ».

L'abolition de l'armée au Costa Rica fait partie d'une culture profonde enracinée dans les meilleures traditions d’un pays pacifique et désarmé, qui remonte à 1877, quand elle a aboli la peine de mort, et qui continue à promouvoir de nouvelles avances qui garantissent la coexistence pacifique entre les nations. C'est ce que nous avons fait en proposant, avec un autre groupe de nations amies, le Traité sur le commerce des armes (TCA ou ATT par ses sigles en anglais), un instrument juridique international qui oblige les États à remplir des régulations strictes pour assurer que les trafic d'armes n'encouragent pas la violation des droits de l’homme. Le Traité entrera en vigueur au mois de décembre, après avoir obtenu plus de 50 ratifications, dans ce qui est sans doute un apport fondamental à l'humanité.

Le président José Figueres Ferrer, assenant un coup de maillet sur une partie de l’ancien quartier général, a proclamé l'abolition de l'armée, et a annoncé aux écoles que ce bâtiment serait transformé en un centre culturel. Il loge actuellement le Musée National.

« Nous sommes les détenteurs définis de l'idéal d'un nouveau monde dans les Amériques. À la patrie de Washington, de Lincoln, Bolivar et Martí, nous voulons aujourd'hui leur dire : Oh ! Amériques, d'autres peuples, également tes fils, t'offrent leurs grandeurs. Le petit Costa Rica souhaite t'offrir à jamais, comme maintenant, avec son cœur, son amour à la civilité, à la démocratie, à la vie institutionnelle », déclara alors le Président Figueres.

Le Costa Rica partage avec le monde sa détermination d'abolir les forces armées, et le fait avec la conviction de contribuer à la paix et la sécurité universelles, les principes qui régissent notre politique extérieure."

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